23/11/2012
Tout autre et toute autre
Tout peut être adverbe ou adjectif. Lorsqu'il s'agit d'un adverbe, tout est invariable. Quand on a affaire à un adjectif, tout est variable et peut donc s'accorder.

Exemples où tout est adverbe et signifie « tout à fait », « complètement » :
- Elle est devenue une tout autre personne.
- Il a eu une tout autre réaction.
- Ils ne le font pas par plaisir, mais pour une tout autre raison.
- C'est tout autre chose qui se produisit.
Exemples où tout est adjectif et a le sens de « n'importe quel autre »,
« n'importe quelle autre » :

- Tout autre que lui aurait accepté avec joie.
- Toute autre qu'elle aurait été ravie.
- C'est ce que toute autre personne lui aurait répondu.
- Toute autre offrande lui aurait été agréable.
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09/12/2011
Accord ou invariabilité?
Les verbes coûter, valoir, peser, mesurer, durer, régner, vivre, marcher, courir, dormir, etc., s’emploient, en général, avec des compléments circonstanciels qui indiquent le prix, la durée, le poids, etc. On les dit alors intransitifs parce qu’ils n’ont pas de complément d’objet sur lequel s’exerce l’action exprimée par le verbe. C’est pourquoi leur participe passé reste invariable.
Exemples :
- C’est vingt mille dollars que ce projet de rénovation vous a coûté.
(Ce projet vous a coûté combien? que mis pour vingt mille dollars.)
- Ce chalet ne vaut plus les trente mille dollars qu’il a valu jadis.
(Il a valu combien? qu’ mis pour trente mille dollars.)
- Carole s’est bien oxygénée pendant les trente minutes qu’elle a couru.
(Elle a couru combien de temps? qu’ mis pour trente minutes.)
- Martin a été nerveux durant les dix jours qu’a duré cette compétition.
(Cette compétition a duré combien de temps? qu’ mis pour dix jours.)
- C’est cent trente kilos que Danièle a pesé pendant un certain temps.
(Danièle a pesé combien? que mis pour cent trente kilos.)
- Les deux années que Patrice a vécu en Allemagne furent très enrichissantes.
(Patrice a vécu pendant combien de temps? que mis pour deux années)
Cependant, ces mêmes verbes peuvent à l’occasion s’éloigner de leur sens premier et
devenir transitifs, c’est-à-dire recevoir un complément d’objet. Leur participe passé s’accorde alors avec le complément d’objet direct s’il est placé avant le verbe.
Exemples :
- Jacques minimise les efforts que cette recherche lui a coûtés.
(Cette recherche lui a coûté quoi? que mis pour les efforts.)
- Louise savoure la récompense que ce concours lui a value.
(Ce concours lui a valu quoi? que mis pour la récompense.)
- Richard nous a fait part des dangers qu’il a courus à ce triathlon.
(Il a couru quoi? qu’ mis pour des dangers.)
- Ces paroles, France les a longuement pesées.
(France a pesé quoi? les mis pour ces paroles.)
- Ses plus belles années, Patrice les a vécues en Allemagne.
(Patrice a vécu quoi? les mis pour ses plus belles années)
Source : Banque de Dépannage Linguistique
Note : durer, marcher et régner restent toujours invariables.
19:55 Publié dans Orthographe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grammaire, orthographe, participe passé
24/08/2011
Précisions et subtilités
Dans la locution figée se faire fort de (qui signifie « se dire capable de »), fort reste invariable, de même que le participe passé fait lorsque le verbe est conjugué à un temps composé. On dit donc : elle s'est fait fort de trouver une solution au problème.
N.B. Cette règle ne vaut évidemment que pour la locution susdite, laquelle est suivie d'un infinitif. Quand ce n'est pas le cas et qu'elle signifie « tirer sa force de », le participe s'accorde des plus normalement avec le sujet : « Elle s'est faite forte de ce premier succès pour persévérer. »
Issue du latin latus, « côté », la préposition « lez », plus souvent écrite « lès », n'est plus guère employée que dans certains noms de villes. Elle signifie que la localité désignée se trouve près d'une autre, plus importante. Mieux vaut distinguer ces deux graphies de celle de l'article, « les », qui n'exprime pas la proximité : on écrira Plessis-lez-Tours (« près de Tours »), mais Gaillon-les-Tours (« où il y a des tours »).
Le français est-il subtil ! « Des robes blanc et noir » sont des robes qui contiennent toutes du blanc et du noir, tandis que « des robes blanches et noires » sont des robes dont certaines sont blanches et d'autres noires.

On ne confondra pas le gril, « ustensile destiné à faire cuire à feu vif les aliments », particulièrement vivace dans l'expression figurée « être sur le gril », et le grill, restaurant où l'on mange essentiellement des grillades !
Un martyr (la personne) subit le martyre (un supplice)… mais une martyre (féminin de martyr) aussi peut subir le martyre.
La graphie exprès est de rigueur dans deux cas : soit qu'il s'agisse d'« exprimer formellement la pensée de quelqu'un » (défense expresse) ; soit que l'adjectif s'applique à ce que l'on « remet immédiatement au destinataire » (un colis exprès). Dans ce dernier cas, le mot est invariable (une lettre exprès) et peut être employé substantivement (un exprès).
La graphie express, toujours invariable, est à réserver à ce qui se prépare rapidement (un repas express), à ce qui assure un déplacement rapide (un train express), ou encore au café réalisé à l'aide d'un percolateur. Dans ces deux derniers cas, la substantivation est également possible (un express).
Même si l'utilisation de pointer pour poindre (apparaître, en parlant du jour ou des plantes qui sortent de terre) est admise par certains, mieux vaut employer poindre pour parler du jour qui paraît. A-t-on jamais vu le soleil pointer à l'usine ?
N.B. : poindre n'existe qu'à certaines formes (il point, il poindra, il poindrait, il a point).
Source : Projet Voltaire
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